« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse. » Psaume 46 : 1

Episode I

Je m’en vais vous conter aujourd’hui le récit, partagé sur bien des points par près de 70 000 personnes (qui furent sinistrées) en Guadeloupe (essentiellement en Grande-Terre et dans le Nord Basse-Terre), d’une famille au cœur de l’ouragan Hugo, dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 septembre 1989.

Comme vous le savez, cet ouragan (devenu ultérieurement de classe 5) toucha la Guadeloupe alors qu’il avait atteint la classe 4 avec des vents soutenus mesurés à 230 km/h.

La plus forte rafale enregistrée à Pointe-à-Pitre, moins touchée cependant que le reste de la Grande-Terre, fut de 296 km/h1. On sait ainsi que des rafales supérieures à 300 km/h ont frappé l’est et le nord Grande-Terre.

– A titre de comparaison, le cyclone Dean était de classe 2 lorsqu’il frappa la Martinique dans la nuit du jeudi 16 août 2007 avec des vents soutenus d’environ 160 km/h dans le sud de l’île ; la rafale la plus forte enregistrée sur la Martinique fut d’environ 210 km/h sur les hauteurs –

Revenons donc à notre famille guadeloupéenne (parents et enfants âgés de 3 à 14 ans) dans sa maison, essentiellement en bois, sur les plateaux de l’Est Grande-Terre.

Aux environs de 20h00, le vent introduisait les gouttes d’eau à l’intérieur de la maison en les faisant remonter de bas en haut à travers les interstices des planches.

Vers 23h00, la mère pressentant un danger se dirige vers la chambre où dort son dernier enfant âgé de 3 ans. Entendant un craquement, elle lève les yeux vers le faux-plafond et décide, in extremis, de prendre son enfant dans ses bras car l’instant d’après, –comme dans les films américains où les protagonistes quittent un site (ou une infrastructure) juste avant qu’il ne s’effondre ou explose– un morceau de poutre s’écrase avec une des planches du faux- plafond, exactement sur le lit où dormait le petit garçon.

La famille se réfugie alors dans la salle de bain (une des rares pièces en béton armé de la maison) où là, le père de famille, calme mais le regard grave, bloque la porte, barricadée de planches, avec son propre corps en appuyant son dos contre ces dernières (ce qui lui permet de renforcer la porte tout en ressentant d’ailleurs la pression du vent contre celle-ci par moments).

« C’est pourquoi nous sommes sans crainte quand la terre est bouleversée, Et que les montagnes chancellent au cœur des mers,

Quand les flots de la mer mugissent, écument,

Se soulèvent jusqu’à faire trembler les montagnes. » Psaume 46 : 2-3

Olivier REGIS

image

1En fait, les rafales ont détruit ou bloqué une partie des anémomètres, donc les vents les plus violents sur la Guadeloupe ont été enregistrés par les avions américains ainsi que par un navire à quai à PAP.

(Source : Service météorologique de la Guadeloupe / Citée par Françoise Pagney, Université Antilles-Guyane,

« Genèse et dynamique de l’ouragan Hugo sur la Guadeloupe » in Annales de Géographie, n°558, 1991, pp. 152- 165).

FERMER

Pin It on Pinterest